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Versailles et la Révolution

Théâtre de la réunion des Etats généraux de 1789, il était naturel que Versailles fût riche en souvenirs de la Révolution.

 L’ouverture de la réunion des Etats du royaume, le 5 mai 1789, fut précédée d’une procession du Saint-Sacrement à laquelle prirent part les députés des trois ordres et la famille royale. Elle se rendit de l’église Notre-Dame à l’église Saint-Louis en traversant la place d’armes.

Autre lieu emblématique, le café Amaury (angle de la rue Carnot et de l’avenue de Saint-Cloud) : c’était le lieu de rendez-vous des députés bretons, qui formèrent le noyau du club des Jacobins.

Plus remarquable, l’hôtel des Menus Plaisirs dans la cour duquel fut montée la salle de réunion des Etats généraux. C’était une salle en bois, dont le plan subsiste au sol dans la cour haute. C’est là que furent votés l’abolition des privilèges, le 4 août 1789, et la déclaration des droits de l’homme, le 26 août suivant.

La salle du jeu de paume, quant à elle, fut témoin du premier acte de la révolution : c’est là que le 20 juin 1789, les députés du Tiers Etat, rejoints par quelques autres, prononcèrent le fameux serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France.

Les mêmes députés, dont le groupe s’étoffait peu à peu, se réunirent les jours suivants à l’église Saint-Louis, avant d’imposer leur décision au roi lors de la séance royale du 23 juin qui se tint dans la salle des Menus-Plaisirs. Désormais, les députés siègeraient tous ensemble sous le nom d’Assemblée nationale, travaillant à rédiger une constitution pour le royaume.

Inquiet de l’agitation générale (prise de la Bastille, « grande peur » dans les provinces, …), le roi appela bientôt certains régiments de province pour se tenir prêts à intervenir. C’est à cette occasion que les officiers du régiment de Flandres furent conviés à un banquet dans la salle de l’Opéra du château. Ardemment royalistes, ils ovationnèrent la famille royale et, dit-on, piétinèrent la cocarde tricolore, emblème de la municipalité révolutionnaire de Paris. L’évènement fut exploité à charge contre le roi.

 Quelques jours plus tard, ce furent les journées d’octobre, au cours desquelles une armée de dames de la halle et autres manifestants vinrent de Paris demander, moins du pain, que le retour du roi dans la capitale. Malgré la présence de la Garde Nationale de Paris sous le commandement de La Fayette, le château fut pris d’assaut et les appartements de la reine envahis. Le roi se vit contraint d’obtempérer, et la famille royale quitta Versailles définitivement le 6 octobre.

 Le château continua d’être occupé par une grande partie de la domesticité avant qu’une part importante de son mobilier ne soit mise en vente. Les jardins furent défigurés par des cultures et le château devint bientôt dépôt central du département où furent entreposées toutes les prises des confiscations révolutionnaires, noyau d’un musée de l’Ecole française.

Pendant ce temps, la ville connaissait des évènements tragiques survenus le 9 septembre 1792 : dans les prisons de la ville plusieurs dizaines de prisonniers furent massacrés dans le contexte de la terreur suscitée par la menace de l’invasion autrichienne. Le même jour, un convoi de prisonniers menés d’Orléans à Paris en vue de leur jugement, fut pris d’assaut par des révolutionnaires au carrefour des quatre bornes (angle des rues de l’Orangerie et de Satory) : 44 des 52 prisonniers furent massacrés à l’arme blanche, malgré l’intervention du maire de la ville, Hyacinthe Richaud. Un monument a été élevé plus tard sur leur tombe au cimetière Saint-Louis.